Polémique sur la proposition de loi sur le retrait du droit de grève aux magistrats: Les députés signataires refusent de céder aux intimidations

greveRéunis autour de leur collègue Djibril Mama Débourou, certains députés signataires de la proposition de loi modificative de la loi n°2001-35 du 21 février 2003 portant statut de la magistrature ont rompu le silence. Face au tollé général que suscite leur initiative attaquée tant par les magistrats que par les Centrales et Confédérations syndicales, ils ont levé le ton et se disent déterminés à aller au bout de la procédure du vote de cette loi.

C’est à la faveur d’une déclaration à la tribune de l’Assemblée nationale suivie d’une conférence de presse que les députés signataires de la proposition de loi modificative de la loi n°2001-35 du 21 février 2003 portant statut de la magistrature ont fait savoir leur position. Il s’agissait pour eux d’éclairer l’opinion publique nationale et internationale par rapport à cette loi qui suscite depuis quelques jours de vives polémiques. «Il nous est revenu que les noms des députés signataires ont été placardés dans certaines juridictions de notre pays à l’image de ce qui se fait lorsque l’on cherche des criminels ou des voyous», fait observer d’entrée de jeu le député Djibril Mama Débourou. Selon lui, cette liste a été affichée précédée de la mention suivante «Chers collègues magistrats, la présente liste est affichée afin que nul n’en ignore. Elle vous est adressée afin que de mémoire de magistrat, nul n’oublie». Il s’agit là d’une escalade inadmissible que les députés signataires fustigent avec la dernière rigueur. Pour les conférenciers, la Représentation nationale, seule détentrice du vote des lois, est parfaitement dans ses prérogatives en initiant cette proposition de loi querellée. Ils expliquent que leur souci premier est de mettre un terme aux grèves perlées en milieu judiciaire et qui par ricochet hypothèquent le développement du Bénin. «Il n’y a pas de développement du Bénin sans une justice fiable et rapide, gage de sécurité des investissements et de confiance des justiciables», martèle Djibril Mama Débourou. Il rappelle que dans la sous-région le Bénin fait partie encore des rares pays où les magistrats ont encore le droit de grève. Au Sénégal, au Togo, au Burkina Faso, ainsi qu’en Côte d’Ivoire, Djibril Mama Débourou indique que les magistrats n’ont plus le droit de grève. Il en est de même pour la France. «Le Bénin est-il plus démocratique que la France», se demande le conférencier principal qui souligne que le Bénin ne saurait rester en marge de cette dynamique internationale. Et c’est ce qu’ils ont voulu faire à travers cette proposition de loi qu’ils ont déposée, précise Djibril Mama Débourou qui reste de marbre face aux intimidations et autres menaces dont font l’objet les signataires de cette proposition de loi. «Nous nous élevons contre ces machinations sordides de personnes qui veulent ériger notre pays en une République des juges. Nous restons sereins car la procédure législative suit son cours», assure le coordonnateur de la Majorité présidentielle qui a bénéficié au cours de la conférence de presse du soutien de plusieurs autres de ses collègues députés tous déterminés à faire voter cette loi dans un bref délai quoique cela va leur coûter.

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