Assemblée nationale: Le gouvernement autorisé à ratifier un accord de 4 milliards FCFA

AN KakpoL’Assemblée nationale a adopté hier le projet de loi portant autorisation de ratification de l’accord de financement signé à Cotonou, le 20 mai 2014, entre la République du Bénin et l’Association internationale de Développement (AID) dans le cadre du projet de Centres d’excellence d’enseignement supérieur en Afrique (CEESA). Le montant du financement est estimé à 4 milliards FCFA.

C’est à l’unanimité moins une voix d’abstention que l’Assemblée nationale a accordé son feu vert au gouvernement pour la ratification de l’accord de financement signé à Cotonou, le 20 mai 2014, entre la République du Bénin et l’Association internationale de Développement (AID) dans le cadre du projet de Centres d’excellence d’enseignement supérieur en Afrique (CEESA). Ce projet s’inscrit dans la Stratégie de croissance pour la réduction de la pauvreté, le Plan décennal de développement de l’éducation actualisé phase 3/2013-2015 et la Politique de l’enseignement supérieur au Bénin. Il vise comme objectif global d’impulser le développement de la sous-région par l’exercice d’une politique de renforcement des capacités des cadres des administrations publiques et privées, de formation d’élites nationales et régionales. De façon spécifique, ce projet permettra d’abord de former des techniciens, des ingénieurs, du personnel médical, du personnel scientifique dans l’agriculture. Ensuite de former des enseignants et des chercheurs hautement qualifiés dans les secteurs en croissance des industries extractives, de l’énergie, de l’eau, de l’environnement, des infrastructures ainsi que dans les secteurs de services comme l’hôtellerie, les mathématiques et services bancaires, les Technologies de l’information et de la communication pour les institutions de la sous-région. Et enfin de former des cadres purement techniques avérés pouvant impulser le développement de l’économie et de la bonne gouvernance. La réalisation de ce projet permettra au Bénin de se positionner comme leader dans le domaine des sciences mathématiques et applications dans la région francophone de l’Afrique au Sud du Sahara. Aussi, permettra-t-il non seulement de promouvoir une formation et une recherche de qualité dans le domaine des sciences mathématiques et applications et de bénéficier des investissements appréciables au profit des établissements partenaires, mais aussi de renforcer les capacités du personnel enseignant des lycées et collèges et également de motiver les jeunes pour les études scientifiques dans le contexte actuel caractérisé par la disparition progressive des séries scientifiques comme les séries C, F et E dans les collèges du Bénin.

SOS pour les séries C !
Avant d’autoriser la ratification de l’accord évalué à 4 milliards FCFA, les députés se sont préoccupés de son efficacité. Ils ont demandé au gouvernement de les rassurer par rapport aux objectifs et à la mise en œuvre du projet. Ils ont relevé l’insuffisance de l’accord par rapport aux objectifs du projet et la multiplicité des structures de contrôle. Ce qui risque d’empêcher l’atteinte des objectifs du projet. Lazare Sèhouéto a voulu comprendre si ce financement concerne l’université pluridisciplinaire de Comè dont le chantier a été lancé, il y a quelques jours. Il a déploré la politique du gouvernement dans le domaine de l’enseignement supérieur. Il a particulièrement interpellé le président de l’Assemblée nationale sur ce fait. Jonas Gbénamèto trouve le projet opportun au regard de la qualité de l’enseignement au Bénin. Car, il viendra soigner tant soit peu l’image de l’enseignement au Bénin, autrefois quartier latin de l’Afrique. Son souhait est de voir le projet déboucher sur des créations d’écoles de formation d’élites. Tout comme lui, Karimou Chabi Sika a également félicité le gouvernement pour avoir monté un tel projet d’importance. Mais il dit rester sur sa faim. Car, à l’en croire, les objectifs du projet risquent de ne pas être atteints au bout du rouleau, au regard de certaines contingences, notamment la disparition progressive des séries C. Il propose qu’on puisse dégager une partie de ces fonds pour la création de centres de formation des professeurs de Mathématiques, de Sciences physiques et de Sciences de la vie et de la terre pour donner goût de ces matières aux apprenants.Partageant le pessimisme de ces prédécesseurs, Nicaise Fagnon pense que le problème a été pris par le haut, au lieu d’être attaqué par le bas. Il propose qu’on promeuve l’enseignement des TIC et des Mathématiques au niveau du primaire et du secondaire. Si les séries C perdent du terrain au profit des autres filières, Grégoire Akofodji estime que la faute n’est pas forcément imputable aux jeunes. Le problème serait dû à l’inexistence des entreprises industrielles et de recherches scientifiques au Bénin. Au regard des inquiétudes de ses collègues, Mathurin Nago trouve nécessaire que le gouvernement expose au Parlement une communication sur sa politique en matière de l’enseignement supérieur. Cette communication devra permettre aux députés de débattre de la question et de faire des recommandations pour améliorer les choses. Le gouvernement représenté par le ministre de l’Economie et des Finances, Jonas Aliou Gbian, dit avoir pris bonne note des observations des députés. Il a promis à ces derniers de prendre les dispositions utiles pour la présentation de cette communication par rapport à la politique du gouvernement dans le domaine de l’enseignement supérieur. Le président Mathurin Nago a souhaité que cette communication gouvernementale ne tarde pas.

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